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Périples gourmands

Périples gourmands

Pérégrinations gourmandes d'ici & d'ailleurs...


Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol

Publié par Coline sur 5 Janvier 2015, 21:17pm

Catégories : #Restos étoilés

Samedi 3 janvier 2015 - 19h30

Nous voilà revenus ici, un an après notre précédente visite. Une fois par an, on savoure cet instant de bonheur suprême à sa juste valeur...

A la première minute, on retrouve la magie propre aux palaces, particulièrement chaleureux, somptueux et accueillants en cette période de fêtes de fin d'année. Désormais "comme à la maison" (j'exagère, évidemment), on s'avance vers la salle du restaurant, l'Epicure. On adore ces salons élégants où règnent luxe, calme et volupté...

Nous sommes accueillis chaleureusement et installés à notre table, tout près de la cheminée. On se dit que c'est ici l'une des meilleures places, car l'on bénéficie de la vue des plats sortant de la cuisine, et que l'on peut allègrement observer les autres clients tout en restant discrets (Et ça, on l'avoue, on l'adore!)...

La table est toujours aussi belle, avec un petit bouquet de roses, une bougie, et l'atmosphère résolument très élégante, et très agréable. En revanche, le lieu manque un tout petit peu de lumière, et ne bénéficie donc pas de l'éclat et du côté étincelant que l'on avait aimé au Cinq, il y a peu.

Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au BristolEpicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au BristolEpicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol

On commande un apéritif, sans surprise si vous nous connaissez : Champagne Rosé ! De la maison Alfred Gratien (32€).

Arrivent les amuse-bouche, qui placent tout de suite la barre très haut...

Au programme :

- Kouglof au vieux comté, chorizo, olive et lard de Colonata

- Brioche au tartuffon (cèpes et truffe)

- Sucettes de bulot

- Royale de foie gras à la crème d'oseille.

Déjà, la présentation est remarquable. Le dressage est parfait, et nous avons chacun devant nous un joli petit plateau, élégant et surprenant.

Le kouglof est fondant à souhait en bouche, avec des saveurs prononcées mais très équilibrées, notamment avec le chorizo et l'olive.

La brioche au tartuffon est également délicieuse, mêlant habilement cèpe et truffe, dans une texture à la fois fondante et croustillante, grâce à la mini tuile de parmesan surmontant la briochette.

La sucette de bulot est visiblement une réussite (Monsieur se régalera même de la mienne!), mais notre coup de cœur va sans aucune hésitation à la raviole de foie gras. Déjà goûtée l'année dernière, elle parvient néanmoins à nous surprendre et à nous enchanter, avec cette association du foie gras, chaud, et de l'émulsion rafraichissante et végétale, à l'oseille.

Le pain : Un vaste choix, aux céréales, baguette, au fenouil, aux olives, campagne en forme de boule ou en tranche. Tous sont extra, mais cette préférence va encore cette fois au pain aux céréales (sésame, pavot), croustillant, servi encore tiède, tout simplement délicieux, mais très parfumé. Le beurre, doux et demi-sel, vient évidemment de la maison Border (extra).

La mise en bouche : Purée de chou-fleur, gelée d'oignon rose, émulsion au haddock. Une jolie performance, que de sublimer des produits pas vraiment nobles (chou-fleur, haddock), de les magnifier ! On est complètement sous le charme de ces associations de saveurs (l'oignon rose apportant une pointe d'acidulé, le haddock une touche de fumé...), et de textures (le crémeux du chou fleur, la gelée fondante en bouche, les points colorés croustillants et craquants). Le tout est délicieux, surprenant, superbe. On retrouve ici la cuisine de haute volée que l'on adore...

Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au BristolEpicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au BristolEpicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol

L'entrée de monsieur : les célèbres macaronis farcis, truffe noire, artichaut et foie gras de canard, gratinés au vieux parmesan. Comme lors de nos deux précédentes visites, c'est un énorme coup de foudre pour cette composition. Monsieur ira même jusqu'à me dire que s'il devait mourir demain, ce serait son dernier repas, c'est vous dire ! Ses yeux pétillent tout au long du plat, qui est tout simplement exceptionnel, depuis le dressage (c'est sublime), jusqu'aux saveurs, en passant par les textures. Le tout est superbe et délicieux, toujours aussi bon que dans nos souvenirs...

Mon plat : Le dos de chevreuil, rôti aux baies de genièvre, betterave au Porto, sauce Grand Veneur. Pour moi la pénible qui n'aime pas le céleri-rave, initialement prévu avec ce plat, le chef m'a concocté une petite purée "juste pour moi", au topinambour et à la truffe noire... Et moi qui croyais que je n'aimais pas le topinambour ! Comme l'endive chez Cyril Lignac ou le cardon chez Bocuse, je me surprends ici à adorer ça, et à finir ma verrine de purée jusqu'à la dernière miette. Promis il n'est rien resté... Et surtout, j'apprécie cette attention du chef, désireux de me faire plaisir et de remplacer agréablement le cèleri. Joli geste, j'aime beaucoup ! La cuisson est parfaitement respectée selon mes souhaits, la viande extrêmement tendre, fondante comme du beurre. Le dos de chevreuil est recouvert de baies qui lui apportent un côté 'peps' et du craquant sous la dent, et servi avec deux belles tranches de truffe noire, très odorante et parfumée. La purée est très fondante et crémeuse, parfaitement sublimée avec la truffe noire. La betterave glacée au Porto est une jolie découverte, qui apporte une touche d'acidulé au plat, avec une saveur très subtile. La sauce Grand Veneur est très onctueuse sans donner de sensation de gras, et apporte un véritable plus à l'ensemble. Moi qui ne suis pourtant pas très sauce, je terminerais presque la saucière, apportée sur le côté, à la petite cuillère... L'ensemble est parfaitement réussi, l'émotion est garantie.

On croit ici rêver, avec monsieur qui commande du poisson et moi de la viande rouge, qui l'eût cru!

Pour monsieur donc : Noix de coquilles Saint Jacques, gnocchis de pommes de terre à la truffe blanche d'Alba, jus de cresson de fontaine au beurre noisette. Quelle claque ! Les gnocchis de pomme de terre sont tout simplement les meilleurs jamais goûtés jusqu'à présent. Ils sont extrêmement fondants, crémeux, généreux, et très parfumés. Je me prends même à regretter de n'avoir pas demandé ça au chef, à la place du cèleri! Quel délice... Les Saint Jacques sont énormes et en nombre, cuites à la perfection, très fondantes. Elles sont quasiment intégralement recouvertes de truffe blanche d'Alba, tranchée très très finement, très odorantes. Le tout est entouré d'un jus de cresson, qui apporte fraicheur et sensation végétale, toutes deux bienvenues, équilibrant parfaitement le tout. Une vraie réussite, avec encore une fois beaucoup d'émotion.

On est toujours aussi amoureux de cette cuisine fine, subtile, élégante, efficace, équilibrée...

Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol

Le fromage : Sublime chariot ! Très bien garni, élégant, superbe, et très bien décrit par notre serveuse (Chloé, avec qui l'on plaisantera pendant tout le dîner, et qui saura faire de cet instant magique, en plus, un moment convivial et de partage, tout en justesse).

Quelques jolies surprises : une mimolette vieille affinée 36 mois, servie sous forme de boule, un Saint Félicien extrêmement crémeux, un Moelleux du Revard, petit coup de cœur de Monsieur. On appréciera également le choix des accompagnements, avec des fruits séchés impressionnants (figues, abricots), des pains spéciaux (noix, toasts de pain de campagne servis chauds avec le Mont d'Or)... Tout cela fait de la dégustation du fromage un plat à part entière, et on ne peut qu'apprécier ! Tous nos choix sont excellents, les fromages crémeux, parfaitement affinés, servis avec générosité. On adore...

Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol

Le pré-dessert : Dévoré avant d'avoir pensé à le photographier, honte à moi ! C'est vous dire s'il nous faisait de l'œil, ceci dit... Fraise des bois, gelée au basilic, dés de pomme granny, sorbet pomme citron-vert. Encore une fois, c'est exactement ce genre de sensations et de surprises que l'on vient chercher dans un établissement triplement étoilé Michelin ! C'est frais, acidulé, gourmand, surprenant. On adore le dressage, sublime, ainsi que le côté doux et sucré de la frais des bois, le végétal du basilic, l'acide du citron, le croquant des dés de pomme crus disposés sur le dessus, en julienne. Bref, on est complètement séduits, et cette explosion de saveurs nous rafraichit agréablement le palais (et l'haleine, avouons-le, après un Mont d'Or très parfumé!) pour passer au dessert tant attendu...

Le dessert : Précieux au chocolat Nyangbo, cacao liquide, fine tuile croustillante, sorbet doré à l'or fin. Cette fois-ci, c'est moi qui affirme que s'il ne me reste qu'un seul repas, ce serait celui-là ! Et on se dit à nouveau que l'on rêverait de pouvoir venir ici faire un repas de fromages et de Nyangbo ! On adorerait dévorer ce dessert plus régulièrement, et l'on regrette même qu'il n'apparaisse pas sur la carte du Jardin Français, le salon de l'hôtel où sont servis snacks et goûters tout au long de la journée... Quel pied ! On est entièrement fans de cette création. Le dressage est sublime, avec cette coque perforée au chocolat, cette tuile croustillante très fine, la feuille d'or qui recouvre le sorbet au cacao incroyable. Mention spéciale pour le cœur liquide, qui se découvre sur la fin, et nous inonde de plaisir...

La touche rafraichissante : La bille de thé au citron, en gelée. Même si l'on connaissait déjà, on est ici dans une troisième galaxie, avec des sensations délibérément surprenantes, des saveurs précieuses, rafraichissantes, surprenantes.

La touche finale : Le chariot des douceurs ! Temporairement en révision, la charrette des gourmandises a été remplacée par un chariot plus sobre, mais tout aussi garni et généreux. Macarons, chocolats, caramels, orangettes, guimauves, pâtes de fruits... Tout a l'air délicieux ! Pour moi, ce sera comme lors de nos précédents passages un choix uniquement chocolaté : petits pralinés incroyablement fondants et parfumés, et grignotines au chocolat noir, croustillants sous la dent, roses de sables améliorées. Du bonheur à l'état pur du début à la fin.... Et ce n'est pas monsieur, qui se lèche les babines avec ses caramels au beurre salé, qui me contredira ! Tout ce que l'on goûte est extra, d'excellente qualité, à se damner. On adore la jolie petite attention au moment de notre départ, avec ces deux petites boîtes garnies de douceurs à emporter, qui enchanteront nos lendemains et prolongeront un tout petit peu la magie...

Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol

La touche finale : La visite de la cuisine ! Notre rêve a été exaucé et on nous fera découvrir la cuisine, absolument époustouflante. Très, très (très très) vaste (500m²), très calme, très bien organisée. On découvrira avec plaisir le bureau de Monsieur Eric Fréchon, et l'on visitera la cuisine dédiée au room-service (savourer un précieux chocolat Nyangbo dans sa chambre, quel pied ce doit être!), le quartier de la pâtisserie où office le célèbre Laurent Jeannin, et la cuisine principale, dirigée de main de maître par Florian Favario, chef de cuisine sous la houlette du chef exécutif, Eric Fréchon. Le chef, qui nous semble humble et s'avère très sympathique, nous explique qu'il dresse lui-même l'intégralité du plat destinés à l'Epicure, vérifie les cuissons, et rectifie si nécessaire les assaisonnements. Quelle prouesse... On apprécie d'avoir l'opportunité de lui dire tout le bien que l'on a pensé de notre dîner et de sa cuisine, qui nous a complètement enchantés... On est encore sur notre petit nuage, et cette rencontre vient encore ajouter un peu de magie à cet instant... Bravo monsieur Favario, et merci !

L'addition : Apportée avec un joli stylo siglé de l'hôtel. Salée évidemment, mais comme l'année dernière on se dit que cet endroit magique et ces instants incroyables méritent largement cela. Compter tout de même une centaine d'Euros pour les plats, et 36€ pour le célèbre précieux Nyangbo...

Le rapport qualité-prix : Satisfaisant. Bien sûr, c'est presque stratosphérique, mais on est amoureux du lieu, de la créativité des chefs, des dressages parfaits, des associations de saveurs, des surprises, de la qualité des produits, de la générosité...

Le service : Parfait, du début à la fin, sur toute la ligne. Aucune faute de goût. Un service fluide de l'eau et du pain tout au long du repas. Un chef de salle accessible et très chaleureux, attentif à nos demandes. Des serveurs sympathiques et chaleureux, jouant la proximité mais en restant justes. C'est tout simplement parfait.

Nos coups de cœur : Les macaronis et le Nyangbo, évidemment ! Les amuse-bouche, incroyables d'inventivité et de justesse. Les produits nobles, sublimés. Le respect de nos demandes et de tous nos souhaits. Les truffes incroyables, noires et blanches. Le chariot des fromages, et son service très généreux. Les gourmandises. Les gourmandises à emporter. Les pains. Les gnocchis. L'élégance du lieu, des salons, de la table.

On aurait adoré : Pouvoir saluer Eric Fréchon et/ou Laurent Jeannin, véritables mythes pour nous... Oser demander les gnocchis avec le chevreuil (promis la prochaine fois!)

Notre avis : Que dire de plus? C'est délibérément notre table préférée sur cette planète ! L'excellence à tous les niveaux, notre plus beau voyage gustatif... Merci mille fois messieurs les chefs, vous enchantez la gastronomie française...

Pour en savoir plus : http://www.lebristolparis.com/fr/restaurants-et-bars/epicure/

Epicure de rappel : un troisième dîner (***) d'exception au Bristol
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Commenter cet article

Anne-Laure 16/02/2015 05:21

J'ai pu réaliser à la maison la recette des macaronis, c'était fabuleux, mon papa a adoré. Le coût est élevé compte tenu de la truffe, mais bien moins qu'au restaurant. C'est même l'une des plus simples du livre d'Eric Fréchon.^^

Alice 21/01/2015 15:46

Voilà de quoi bien commencer l'année ! Il faut absolument qu'on y aille, depuis le temps que tu en parles ;) Ca doit faire quelque chose de visiter les cuisines après la fin du service, tu garderas un bon souvenir de cette visite j'imagine...

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